Sénégal
De retour de Thaïlande, notre soif de contrées lointaines étant que très peu rassasiée, il nous fallait rebondir sur un autre projet.
Enfermés dans une maison durant un long week-end, sans manger et boire, la destination fut difficile à trouver, car tant de pays nous appelaient au long court.
Ce fut sur le Sénégal que nous jetâmes notre dévolu. En octobre, juste après la saison des pluies, la température moyenne sera de 30 degrés, alors qu’en France le climat deviendra moins clément. Que demander de mieux.
Et puis ce sera le premier pays d’Afrique Noire que nous visiterons, deux semaines où nous resterons principalement sur la CASAMANCE dans le sud du Sénégal, où nous essayerons comme d’habitude de nous imprégner des coutumes locales.
Si cela vous convient, c’est avec plaisir que vous allez pouvoir nous suivre à travers ce blog.
Bon voyage.
Le périple

Départ pour le Sénégal
C’est parti, levé à 3h du matin pour rejoindre l’aéroport de ST EXUPERY.
Un grand merci à Didier pour nous avoir accompagné. Petite escale de 2 heures à LISBONNE et nous repartons pour DAKAR, puis pour Ziguinchor.


A l’arrivée, le commandant de bord nous souhaite la bienvenue et nous annonce une température extérieure de 37 degrés. La chaleur nous cloue sur le tarmac.
Nous rejoignons Marie qui nous accompagnera durant notre séjour et montons dans notre taxi direction le CAP SKIRRING. A huit avec le chauffeur dans une DACIA et les bagages sur le toit attachés par une simple ficelle. Nous perdrons d’ailleurs une valise en cours de route.


Nous sommes de suite plongés dans atmosphère locale en traversant une fête de DIAMBADONG, fête qui marque la sortie des jeunes initiés après leur circoncision, vers la vie d’adulte.


La route que nous empruntons traverse les mangroves, c’est un paysage très verdoyant où des cours d’eau circulent à travers les palétuviers. Toute cette végétation est alimentée par l’eau de la mer, un peu comme la Camargue en France. On y trouve même des rizières. Nous aurons, j’espère, l’occasion de nous promener à travers ces paysages magnifiques.
Arrivés au CAP SKIRRING nous prenons possession de la villa et allons manger. Repos bien mérité après cette longue journée.


Lundi 23 octobre
Bonjour à tous, désolé pour le retard mais nous sommes tributaires des connexions internet. Je pense que cela va faire partie du charme du pays.
A la question de ma cousine Béa, oui on a récupéré la valise et c’était bien sûr la mienne, il va me falloir en trouver une autre pour le retour.
Donc, à la différence de la Thaïlande où nous sommes repartis dès le lendemain, nous prenons aujourd’hui le temps de nous acclimater. Il faut dire que la chaleur nous fige sur place, même les autochtones ont du mal à la supporter. Ils se plaignent tous du chaud.

Début de matinée très calme. Nous avons rendez-vous avec BOUBA, c’est notre contact pour le séjour, il s’occupe de tout pour nous organiser un séjour aux petits oignons. Il faut dire que dans le pays, si tu ne connais personne, le temps peut devenir très vite exponentiel.
Il est midi et nous décidons d’aller manger sur la plage, au menu gambas grillées.
Nous passerons une bonne partie de l’après-midi à nous baigner et à dormir à l’ombre.
Sans mentir l’océan est à une température impressionnante, la preuve est que seule Elisabeth reste dans l’eau.



Nous partons ensuite faire le marché pour acheter les aliments que doit nous cuisiner Marie pour le repas du soir.
Nous longeons donc la plage pour arriver sur le marché aux poissons au moment même où les bateaux reviennent de la pêche.


Il y règne une effervescence, tout le monde s’affaire à écailler et vider les poissons à même le sable. Nous suivons Marie et nous nous enfonçons dans le labyrinthe des étales et séchoir à poissons.


Une forte odeur nous prend à la gorge, celle du poisson séchant au soleil, il est pour nous très difficile de respirer correctement sans avoir des hauts le cœur. Une personne m’explique que le poisson est salé et séché durant une semaine, s’il pleut de grandes bâches en plastique sont tirées pour le protéger. Toute la production est ensuite envoyée sur Dakar.


Visite qu’aucun de nous oubliera, le marché aux légumes nous paraîtra bien banal.


Par contre, le tout cuisiné sera un délice que seules nos papilles en garderont le nectar.

Mardi 24 octobre
CA va, mais ça va pas très bien
On est perdu mais pas carrément
Et tout le monde est content

Difficile de raconter et de vous faire vivre tout ce que nous ressentons. Tous nos codes sont remis en question, chaque façon d’agir sort de nos conventions. Comment réagir face à une culture qui est totalement différente de la nôtre. C’est une richesse fabuleuse, une façon de vivre qui peut vous aspirer ou vous rejeter violemment.
On aime, on plonge dans cet univers, ou on le repousse totalement. Le temps s’est arrêté le long du fleuve CASAMANSE.

Départ tôt ce matin vers 7 heures pour rejoindre notre piroguier pour une balade dans les BOLONGS (MANGROVES). Pour ceux qui ont vu BERNARD et BIANCA, c’est un peu la même chose, on se retrouve à travers une immense forêt de palétuviers sans savoir réellement où l’on se trouve.
Au bout de deux heures de navigation, nous arrivons à l’embouchure du fleuve et nous rejoignons l’île de CARABANE.



Visite de la maternité qui permet aux femmes de l’île et à celles environnantes de venir accoucher et d’avoir un suivi médical. Il y a quelques années, à peu près 50 femmes par an accouchaient. Maintenant, grâce à la planification des naissances, seulement une vingtaine de femmes accouchent.
En cas de problème, les femmes sont évacuées en pirogue vers l’hôpital de ZIGUINCHOR.

On trouve sur la place du village l’église et la mosquée côte à côte, en effet au SÉNÉGAL les communautés vivent ensemble et respectent les croyances des autres, c’est ainsi que dans une même famille, il peut y avoir plusieurs religions. Marie qui est catholique a ses deux frères musulmans et tous vivent en parfaite harmonie.
Nous repartons ensuite en direction de l’île d’ITOU où la cousine de Marie nous attend pour nous faire manger.



Les BOLONGS sont comme des labyrinthes à travers les palétuviers et après trois quarts d’heure de navigation, nous comprenons que notre capitaine est perdu, cela fait plusieurs années qu’il n’est pas venu dans cette région. Il retourne sur le fleuve pour avoir du réseau et se faire expliquer le chemin, lorsqu’il arrive enfin à avoir quelqu’un, nous comprenons qu’il est avec BOUBA et c’est à ce moment précis qu’il a eu ces fabuleuses paroles.
Ça va, mais ça ne va pas très bien.
On est perdu, mais pas carrément.
Et tout le monde est content.


Après une bonne heure et demie, nous trouvons enfin l’entrée. La cousine de Marie vient nous chercher sur la rive.




Il est 15h30, nous sommes enfin assis par terre sur une natte. On nous amène un plat de riz cuit avec du porc et comme nous sommes des occidentaux, nous avons le droit à des cuillères pour manger.




Nous passons le reste de l’après-midi à visiter l’île et à saluer les personnes de la famille. Nous essayons de comprendre leur vie communautaire.

L’heure du départ a sonné, nous quittons tout ce petit monde.
En m’éloignant, je me fais la réflexion qu’il y a sûrement plusieurs personnes qui, de toute leur vie, ne quitteront jamais cette île.
Le retour fut long, plus de 2h30 de navigation. Lorsque nous arrivons, le soleil est déjà couché depuis un bon moment et c’est avec plaisir que nous regagnons la villa, exténués mais avec plein d’images en tête.

Mercredi 25 octobre

Nous avons rendez-vous ce matin à 9h30 sur la place de CAP SHIRING pour partir en balade en quads. BOUBA nous attend, il s’impatiente car la personne qui doit nous accompagner n’est pas arrivée. Au bout de trois quarts d’heure, notre guide appelle et explique qu’il est à la station-service pour faire le plein.

BOUBA furieux saute sur sa moto et part le rejoindre. Une longue attente commence. Nous sommes en Afrique et c’est comme ça, il faut prendre son mal en patience, accepter. Nous commençons à douter sur la faisabilité de la balade.
Une heure plus tard, BOUBA revient et confirme notre analyse de la situation, il n’y aura pas de quad.

Un plan B est alors élaboré avec la visite du musée du bois sacré à 5 km de la ville.
Le bois sacré en pays JOOLA est la cérémonie ultime d’initiation d’un jeune DJOLA, à la sortie de laquelle il acquiert une maturité et devient homme, décideur et responsable au même titre que tous les chefs de foyer.
Faisant partie des rares musées à ciel ouvert en Afrique, il présente un décor original et magnifique. Nous apprendrons, au grand bonheur de ces dames, toutes les notions de valeurs et de respect que doivent avoir les hommes envers les femmes et les enfants.


Puis nous partirons en direction du village de DIEMBERING où la place principale est surplombée d’un magnifique fromager.

Le village est composé de 7 quartiers, sur la place publique de chacun d’eux sont soigneusement gardés les bonbolons, tam-tam téléphoniques sculptés d’une seule pièce à partir d’un troc d’arbre vidé de son intérieur et laissant une fente par où à peine peut passer une main. L’un de ces bonbolons est sacré et l’autre est utilisé pour la danse des lutteurs ou guerriers, appelée ékonkone Chaque année, est célébré à Diembéring fin mars le festival des Rizières.



Jeudi 26 octobre
Journée consacrée à la pêche, debout à 6 heures pour rejoindre ISSA, notre piroguier.


Nous commençons par de la pêche à la traîne en longeant le rivage. Elisabeth attrape son premier poisson, un joli barracuda.
Une fois à l’embouchure de la mer, nous utilisons des cannes avec comme appâts des crevettes. Nous restons là jusqu’à 14 heures, et à court de crevettes, nous rentrons avec une petite récolte d’environ vingt poissons. La détentrice du record étant Elisabeth.
Marie nous les préparera le soir et nous régalera encore une fois.
Vendredi 27
Notre souriant chauffeur Mamadou Rasta, sénégalais jamaïcain, vient nous chercher en début de matinée, direction Ziguinchor.



Une première halte très attendue par les enfants à la ferme aux crocodiles et aux tortues. Après avoir payé un prix d’entrée (très modique), nous pénétrons dans la forêt ; aucun panneau, aucune indication, aucune personne sur le site.
Les bassins sont vides, comme laissés à l’abandon. Nous avançons précautionneusement avec une crainte non avouée de voir surgir, à tout instant, un crocodile échappé. Ce labyrinthe feuillu nous mène tout de même à une zone grillagée où dorment paisiblement quelques crocodiles.
Un peu plus loin, une tortue censée être parquée rampe tranquillement, heureuse que la toiture effondrée à terre ne lui soit pas tombée sur la carapace.
Nous cherchons inlassablement le python pour nous entendre dire qu’il s’est échappé du site il y a quelques semaines.
Bref, vous l’aurez compris, le site n’est plus en activité !!
Nous continuons notre chemin (uniquement stoppés par les gendarmes sur le bas-côté de la route) pour arriver dans la ville de Ziguinchor. Ville animée et grouillante de vie, un tour sur le marché où le prix des crevettes semble avoir explosé en bourse depuis l’arrivée des blancs (c’est-à-dire nous).




Une visite du centre culturel de Ziguinchor, lieu traditionnel à l’architecture surprenante.





Le retour avec Mamadou sera plus animé que l’aller. Habitués à être arrêtés par les gendarmes en bord de route, nous ne nous inquiéterons donc pas en voyant Mamadou sortir de la voiture sur interpellation de ces derniers. Nous commencerons à suspecter comme » une entourloupe » lorsque nous le reverrons remonter en voiture crispée, nous disant que nous faisons demi-tour et retournons à Ziguinchor au commissariat.
En effet, il n’a soit pas voulu donner de bakchich, soit il est tombé sur un gendarme honnête qui l’a refusé. Il faut savoir qu’une grande partie des chauffeurs préfèrent ne pas payer de patente et plutôt verser quelques menues monnaies lorsqu’ils sont arrêtés.
Bon, le problème sera réglé pour lui comme pour nous lorsqu’il s’acquittera de sa contravention de 3000 Francs CFA.

Mamadou donnera le volant à Laurent qui nous ramènera jusqu’au Cap Skirring. Moment assez étonnant où il est tout de même peu commun de voir dans le pays, un blanc conduire un noir !!
Nous terminerons la soirée chez Anne-Marie, petit resto local où nous dégusterons du phacochère et du boa, tout cela copieusement arrosé du rhum maison que Bouba nous fait découvrir.



Samedi 28 octobre
Après une soirée bien arrosée, c’est avec Bonif et son 4X4 que nous prenons la piste en direction de Kachouane. Notre ami Bouba nous accompagne ( il n’est pas venu seul, le rhum qu’il a voulu nous faire découvrir la veille semble avoir eu du mal à le quitter !!!).
Une première halte avec l’accueil des enfants du village pour visiter le musée Kadiout situé à Boucotte Diola de la tribu des Diolas (toujours en plein air).






Nous continuons notre chemin dans la brousse avec de magnifiques paysages verdoyants, (malgré le peu de pluie durant la saison d’hiver). Nous arrivons dans un merveilleux coin de paradis comme oublié des hommes : Kachouane.




Ce sont quelques cases réparties de ci de là qui bordent le fleuve Bolong, lieu paisible qui invite au repos et à la méditation. Cocoye nous accueille chez lui, crabes, barracuda, riz cultivé par le village et pain perdu à la noix de coco font le régal de nos papilles.

Après ce copieux repas, la fille du chef du village nous conduit jusqu’à son père. En toute simplicité, nous serons invités à nous asseoir à l’ombre d’un fromager.

Ndongo nous explique son rôle de chef de village, pendant que nos garçons débutent très naturellement une partie de football improvisée avec les enfants du village. Moment fort de partage.
Nous reprenons la route de Cap Skirring par les pistes et finissons en longeant la plage.
Comme à son habitude depuis une semaine, Marie, notre accompagnatrice de tous les instants, voire même notre troisième enfant du séjour, descendra négocier les produits du repas du soir au marché. L’attente se fera en croisant et saluant toutes nos connaissances du village, comme si nous avions toujours été parmi eux.

Dimanche 29 octobre
Danielle et Elisabeth ont décidé d’aller ce matin à la messe avec Marie. Avec Laurent, nous partons vers 10h les rejoindre. Sur le chemin, nous rencontrons Bouba venant tout content à notre rencontre pour nous annoncer qu’il a enfin trouvé des quads. Il faut dire que c’était pour lui un point d’honneur de nous en procurer et que cela était devenu l’attraction du village (y arrivera-t-il ou pas).




Les portes de l’église sont grandes ouvertes et nous entendons le prêche du curé, plus aucune place à l’intérieur, les gens sont assis dehors sur des chaises en plastique. Nous attendons donc, sous un soleil de plomb, que les filles sortent et aillons boire un jus de gingembre. Boisson très rafraîchissante et forte en goût.
A 14h, nous rejoignons le point de rendez-vous pour partir en balade en quads à travers les dunes et en longeant la plage.



Nous arrivons ainsi jusqu’à la frontière de la Guinée-Bissau.




Le soir nous mangerons sur la plage, un repas concocté par Marie, aux sons des djembés et tam-tam, concert qu’un groupe de musiciens nous offre autour d’un feu de bois.


Lundi 30 octobre
Journée calme, avec petite balade au Cap et baignade. Ce matin, nous sommes allés voir s’il était possible de faire une excursion en kayak à travers les Bolongs. Ce sera donc pour demain après-midi.



Nous déjeunons dans un restaurant tenu par un stéphanois bien implanté depuis quelques années dans le pays. Nous lui demandons où faire du change. Il nous explique qu’il ne faut surtout pas aller dans une banque car le taux appliqué est bas. C’est dans les quincailleries qu’il faut demander car ils ont besoin de devises pour acheter leurs marchandises et ils pratiquent donc un taux plus élevé.
Vers 18h nous nous rendons dans le petit village de Cabrousse pour boire un punch et grignoter quelques pizzas. L’établissement a été créé par un Italien qui n’a pas perdu son accent d’origine, le bar a aussi la particularité d’être installé dans un fromager (l’arbre).
Bouba et Nathalie nous rejoindrons pour planifier les prochains jours.

Mardi 31 octobre
Marie, Nathalie et Bouba sont repartis ce matin pour Dakar. Afin de pouvoir appeler un taxi ou joindre quelqu’un en cas de problème (Bouba nous a fourni une liste de personnes), nous allons donc chercher une carte SIM prépayée. Au Sénégal, il n’existe que ce type d’abonnement, les abonnements avec un paiement par prélèvement n’existent pas.
Mamadou arrive vers 14h et nous amène à Casamance VTT. Nous prenons connaissance de notre guide et nous voilà partis pour une bonne demi-heure de marche à travers les rizières. Ce qui, bien sûr, n’était pas prévu. Vous me direz une demi-heure de marche, ce n’est pas la mer à boire, effectivement, mais sous un soleil de plomb avoisinant les 40 degrés, la donne n’est plus la même. Donc nous voilà clopin-clopant à travers la végétation pour enfin atteindre nos kayaks.

Après quelques explications que personne n’a écoutées, nous naviguons entre les palétuviers sur une eau aussi chaude que celle de nos bouteilles restées durant une heure au soleil. Comment font les huîtres pour se développer à cette température ? Cela restera pour nous une question sans réponse.
L’endroit est magique, mystérieux et d’un calme.



Bon !! Calme relatif car après 30 minutes de rames, l’équipe féminine commence à demander tels des enfants dans la voiture des vacances : c’est quand qu’on arrive, monsieur le guide, nous on va y aller, on peut appeler un taxi …
Sur une boucle prévue de 2h30, c’est un peu tôt. Tout le monde finit tout de même le tour et mesdames conviennent que c’était superbe.





Retour à la villa, notre chauffeur a pris l’habitude de laisser le volant à Laurent. Danielle rompt le silence par un éclat de rire en regardant le tableau. Nous sommes 6 blancs, juste en maillot de bain pour ne pas tremper la voiture, et un noir tout habillé à la place du passager. Même le gendarme nous laisse passer au lieu de nous arrêter pour demander le bakchich.
Nous sommes un peu fatigués et demandons à Mamadou, qui est aussi notre Huggy, les bons tuyaux, s’il ne connaît pas quelqu’un qui puisse nous livrer le repas à la villa. Aussitôt demandé, aussitôt fait, d’un coup de téléphone, nous mangerons dans 1 heure du poulet avec une sauce aux oignons et des frites.
Mercredi 1er novembre
Ce matin, grand rangement et préparation des valises. C’est avec le cœur un peu serré que nous nous apprêtons à quitter la Casamance et ses habitants pour rejoindre Dakar.
Mamadou vient nous chercher à midi pour nous emmener à l’aéroport de Ziguinchor. Après avoir mangé, nous embarquons et vers 17h, atterrissons à Dakar où Nathalie nous attend.


Nous prenons ensuite l’autoroute en direction de Popenguine, petite ville située à 70 km de la capitale. J’ai bien dit l’autoroute, en effet, afin de faciliter l’accès au nouvel aéroport international de Dakar qui sera inauguré en décembre prochain, une autoroute a été construite.
Le problème, nous explique Bouba, c’est que la culture de l’autoroute n’est pas encore assimilée par la population. Nous trouvons donc des voitures en panne sur la voie du milieu, des personnes bricolant sous leur voiture ne laissant apparaître que leurs jambes, ou d’autres s’arrêtant devant un embranchement pour laisser sortir un passager. Le nombre d’accidents est donc assez élevé.
Popenguine est connue grâce à l’apparition de la Vierge noire, ce qui lui vaut d’accueillir tous les ans le pèlerinage au sanctuaire marial. Il se déroule à la Pentecôte (mai ou juin). Plus de 100 000 pèlerins étaient présents cette année.




Nous prenons possession de notre lieu de résidence, une magnifique villa donnant sur l’océan.




Seul bémol à ce splendide lieu, l’absence de climatisation et la maison très mal aérée. Ce sera durant la nuit d’incessants croisements, chacun cherchant un endroit où dormir.
Dehors, impossible car dès que vous restez quelques secondes à la même place, vous servez de déjeuner aux moustiques.
J’ai même essayé de dormir enroulé dans une moustiquaire, irréalisable à une température de plus de 30 degrés, j’avais l’impression d’être un jambon de Bayonne emmitouflé dans son torchon.
Jeudi 2 novembre
Réveil à 6h30 pour être à la fraîche. Direction la réserve animalière de Bandia. C’est donc les yeux cernés que nous nous regardons autour du petit déjeuner, en nous demandant comment sera la prochaine nuit.
Nous ne sommes pas très adeptes des réserves, mais Nathalie nous l’a recommandé, nous lui faisons donc confiance.

C’est à travers de larges gril…,non ça c’est un autre texte. C’est à travers un immense parc que nous déambulons assis à l’arrière d’un pickup. Notre guide dirigeant le chauffeur afin de nous faire rencontrer le maximum d’animaux.

Nous passons le reste de la journée à faignanter au bout de la lagune de Somone. D’une superficie de 700 ha, elle est classée réserve naturelle. Tout au long de l’année, de nombreuses espèces d’oiseaux la fréquentent : pélicans, hérons, aigrettes et flamants roses…


Le soir, nous mangerons au restaurant le Balafon où un joueur de Kora nous fera l’honneur de nous interpréter quelques morceaux. Moment merveilleux, voire mystique. Bouba faisant l’interprète et nous contant l’histoire, les racines de cette musique.

Malheureusement, dans nos têtes résonne déjà un autre son, nous devons revenir à la réalité. Demain, c’est le jour du retour.
Vendredi 3 novembre
C’est malheureusement fini, nous allons passer la journée sur Dakar et embarquerons demain à 3 heures du matin.
Afin de limiter le nombre de voitures, Nathalie part avec les bagages et tout le groupe, pour ma part je monterai en moto derrière Bouba.

Nous mettons environ 2 heures pour rentrer dans Dakar tellement les routes sont saturées. Après la visite du phare des Mamelles, nous allons manger au restaurant Le Relais Sportif.
Comme nous avons le temps, nous décidons de prendre la chaloupe à 16h30 pour visiter l’île de Gorée.

L’île de Gorée, symbole de la mémoire de la traite négrière en Afrique, inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Nous visitons la maison des esclaves, lieu chargé d’histoire ne laissant pas indifférent. On en ressort un peu mal à l’aise, chamboulé par le récit du guide.




Puis nous flânons dans les ruelles du village, il ne ressemble pas à ceux que nous avons déjà visités, et c’est Bouba qui me fait la réflexion : on se croirait dans des ruelles à Cuba.




C’est l’heure du départ, après un dernier repas avec Nathalie et Bouba, une dernière baignade pour Laurent et les enfants, nous devons nous résigner à prendre la route de l’aéroport.
Demain nous serons en France et chaque famille rejoindra ses occupations quotidiennes, mais avec déjà en tête :
C’EST QUAND QU’ON VA OÙ ?
Remerciements
Un grand merci à Nathalie, Marie et Bouba qui nous ont fait découvrir le pays.
Merci Bouba pour toute cette connaissance et l’amour de ton pays que tu as su nous transmettre.
Nous n’oublierons pas non plus toutes les personnes que nous avons rencontrées et avec qui nous avons partagé de bons moments.
Mamadou, notre chauffeur qui a toujours le sourire. Il a permis à Laurent d’agrandir sa culture musicale et son franchissement des dos d’ânes.
Boniface pour ses réflexions sur la vie et sur le club Med.
Pap du campement le Balafon pour sa gentillesse.
A l’heure où j’écris ces dernières lignes, je suis en France, il fait gris et 6 degrés, le chant des oiseaux et des insectes a été remplacé par le bruit de la pluie frappant les carreaux de mon bureau.
Comme je le dis toujours de retour de voyage : Il faut savoir rentrer pour mieux repartir.
Je vous sers la main, de la main gauche, car c’est certain, nous reviendrons vous voir.
A bientôt

